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Gros Barbeau
automnal du Gardon (photo : J.FONTANELLI 2009)
Il
y a des moucheurs fanatiques de la truites et de l'ombre commun, je comprend la
position dans des rivières riches en salmonidés. Mais si à notre porte il
s'écoule des rivières de seconde catégories il est possible également de
prendre d'immenses plaisirs, surtout dans ce que l'on appelle la zone à
« Barbeaux ». C'est dans cette zone que j'ai fait une rencontre du
troisième type avec une canne à mouche.
Tout
à commencé par la lecture d'un article de Laurent Guillermin sur le barbeau à
la mouche dans le Rivermond (voir la revue « Pêche Mouche »). Je
recherchais déjà activement le barbeau au toc pour sa combativité extraordinaire
et là je me suis imaginé une telle torpille au bout d'une canne à mouche. En
effet j'avais déjà ramené des spécimens de plus de 2 Kg en pêchant avec des
larves et je rêvais de faire de même en Nymphe.
Mes
premiers essais n'ont pas été concluants... des nymphes trop légères et surtout
une technique inadapté à la recherche de ce poisson. C'est courant printemps
2008 que j'ai commencé à attraper régulièrement ces poissons à la mouche. Je
vais vous livrer ici le résumé de deux années de traque de ce poisson
fantastique.
Barbeau au repos face au courant (photos J.FONTANELLI
2009)
Le
matériel :
Du
côté du matériel, une 9 pieds de soie 4/5 et un outil avec lequel on prend
beaucoup de plaisir, même si un 10 pieds semble plus adaptée en eaux rapides entres
les blocs. Ceci dit, quand j'ai repéré
de gros spécimens je n'hésite pas à emporter avec moi ma canne soie de 7
pour être plus autoritaire dans les combats.
On ne
s'imagine pas la défense spectaculaire de ce poisson, c'est ahurissant... j'ai
commencé avec des pointes en 12/100°, puis en 14... pour adopter le 16/100° en
eaux claires et le 20/100° dès que les eaux sont plus fortes. De tels diamètres
ne semblent pas déranger ce poisson. Les captures très régulières que je
réalise en attestent.
L'intérêt
des forts diamètres réside aussi dans le fait que cela permet d'écourter les
combats avec ce poisson au coeur très fragile. Le barbeau jette toute son
énergie dans la bataille et il arrive qu'il n'arrive pas à récupérer suite à
une longue lutte... pensez-y, il vous le rendra bien!
Les
mouches :
Du
côté des mouches, c'est indéniable... les nymphes casquées or et orange sont
redoutables! Dans des tailles du 8 au 14 sur des hameçons fort de fer. Comme
pour les carpes, je me suis fait ouvrir de grandes quantités d'hameçons sur les
barbeaux. Les Oreilles de lièvre dans des tons crème et blanc sale sont très
prenantes, même constat avec des nymphes en bodyglass vert chartreuse (valable
toute la saison sur les gros pépère).
Précision
intéressante, les gros spécimens craquent facilement pour un streamer noir avec
une bande de lapin. Le tout ramené entre les blocs/graviers à raz du fond (vive
les pointes plongeantes ou les polyeaders ultras plongeants, ce que j'ai adopté
en eau rapide).
Ma mouche de base
pour le barbeau en eaux rapides (du 8 au 16)
Mouche utilisée par
un confrère (Photo « Le Vosgien » 2010)
La
technique :
A la Nymphe comme su streamer, la difficulté
consiste à amener l'imitation devant le poisson et en eaux fortes c'est pas de la tarte!!! Après au streamer c'est à vue, généralement l'imitation est bien
visible. En nymphe, comme pour la truite un écart du poisson ou un arrêt de la pointe et c'est pendu les ¾ du temps. Ensuite c'est généralement pas très
violent les premières secondes (on dirait que l'on a accroché le fond), puis c'est la fuite vers l'aval à la vitesse d'un TGV. Arrêter des grosses pièces
dans de telles conditions est un exercice de style très grisant
Petit barbeau dans une grande épuisette à mailles fines(photo : J. FONTANELLI 2009)
Prévoir
une grande épuisette à mailles fines... Quand le poisson est enfin décroché,
pensez à bien le ré-oxygéner face au courant comme avec les truites. Ensuite
une petite caresse et voilà le seigneur de lieux qui regagne ses congénères.
Barbeau du Tarn en
Nymphe à Vue (photo : « le Vosgien » 2009)
La
pêche du barbeau à la mouche m'a amené à reconsidérer la pêche à la mouche de
proximité. En effet il est souvent possible de trouver des portions de rivière
de seconde catégorie ou ce poisson est présent à quelques kilomètres du
domicile et/ou lieu de travail.
L'intérêt
de cette proximité est double : un impact minimisé sur l'environnement pour nos
déplacements de pêche et le plaisir immense de leurrer des poissons sauvages là
ou bon nombre de moucheurs ne promènent plus leurs bottes... Vu l'évolution des
peuplements piscicoles dans nos rivières, j'espère que la traque des blancs à
la mouche prendra une place de choix et ne sera plus considérée comme une voie
de replis ou comme un simple entrainement.
Tenir
sur un 16/100° une pièce de 2Kg dans les courant, c'est être transporté à des
milliers de kilomètres sur un grand flat en pleine traque du Bonefish. A ce
sujet, ne nomme t'on pas le barbeau le bonefish des eaux douces?
Ludique et proximité... que demander de plus ? (sortie
barbeaux avec ma soeur, septembre 2009)
Contacts :
Jujube
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